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The Good girl de Miguel Arteta

Une fille bien. Le titre est ironique on le comprend rapidement et la satire sociale est à l’ordre du jour, notre anti-héroïne est une rebelle. Reste à savoir si son point de vue reflète celui du réalisateur…Mais quel est-il au juste, le point de vue du réalisateur ? On peut s’interroger aux vues d’un film ambigu qui semble vouloir jouer à la fois la carte de l’adhésion au personnage principal et prendre simultanément la pose de la distanciation.


La voix-off nous embarque d’emblée dans l’esprit de Justine, peuplé de regrets et de rancœurs. Pas dupe de l’hypocrisie du monde qui l’entoure, elle attend son heure avant que de commencer à vivre. Oui mais voilà, la vie ne l’a pas attendue et aussi insatisfaisants soient-ils Justine a déjà un mari et un travail. Enverra-t-elle tout balader ? Le suspense est maigre et usé jusqu’à la corde mais ce n’est pas vraiment là que le bât blesse.


The good girl c’est un peu l’antithèse de La Secrétaire. De l’un on sort le cœur joyeux, certain de pouvoir échapper à la gravitation sociale et à l’ordre sinistre des choses – c’est la secrétaire – de l’autre on s’extirpe le moral dans les chaussettes, convaincu de la bêtise crasse de la race humaine.


Peut-on condamner un film parce qu’il présente des personnages antipathiques ? certes non, mais il y a des moments, au détour d’un retournement de situation particulièrement cynique et attendu, où l’on soupçonne le réalisateur d’en rajouter dans la dévalorisation facile et le mépris : pour tout dire The good girl a des relents de Todd Solondz. La galerie de personnages masculins secondaires fait peine à voir. On y trouve en vrac un mari looser, peintre en bâtiment adepte de la fumette affalé le soir sur son canapé, qui en prime se trouve être stérile (n’oubliez pas les enfants il ne faut pas abuser de stupéfiants) ; son collègue de travail égrillard partagé entre une vénération débilitante pour son ami et un désir mal dissimulé pour la femme de celui-ci (chez lui, le détail qui tue, c’est le gros chien qui n’arrête pas d’aboyer) ; et enfin le jeune premier autoproclamé écrivain maudit autobaptisé Holden (en référence au héros du roman de Salinger L’Attrape-cœurs), insupportable égoïste capricieux mais ‘charmant’.


A priori l’héroïne est épargnée, Jennifer Aniston oblige, on la présume très aimée et parfaitement aimable. Bien sûr il n’en est rien car personne n’est à sauver dans cette chronique de la petitesse quotidienne dans une Amérique banlieusarde crapoteuse. Le récit procède ici à rebours, par pourrissement progressif de la situation. Pas de happy end – pourquoi pas ? Il n’y avait de toute façon pas deux personnages aimables dont la bonne fortune puisse nous réjouir, mais pourquoi dans ce cas jouer des ficelles classiques de la love story adultère pendant les ¾ du film ? A vouloir manger à tous les râteliers, Miguel Arteta fini par perdre tout le monde en route.

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