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Par un matin de neige, deux hommes s’activent dans des locaux désaffectés, récupérant dans leur benne tirée par un cheval qui un lavabo déscellé, qui une paire de pantoufles crasseuses, qui un téléphone public. En flash-back, le film retrace le séjour des dernières occupantes de cette petite maternité des environs de Moscou avant sa fermeture. Ecrit à partir des notes personnelles de la réalisatrice lors de son propre séjour à la maternité, Happy birthday !, comme le concerto numéro 2 de Rachmaninoff qui l’ouvre et le clôt, comme son fondu au blanc en chiasme, un peu trop rondement, est un film sur le mode mineur, peu soucieux de dépasser la sphère de l’intime, même s’il s’agit ici non d’une narration à la première personne mais de la vie d’une chambrée féminine. Son noir et blanc peu contrasté relaie les blouses blanches et la neige, et fait évoluer cinq personnages de femmes dans un univers où toute la violence de la mise au monde est comme amortie. Reste la violence du dehors, des hommes (un mari alcoolique n’est pas chose rare, un pervers qui se rince l’œil sous les fenêtres non plus), des familles (celle, en colère, d’une Musulmane qui a épousé un Russe), de la société qui s’ouvre à l’économie de marché pour le pire (l’un des maris est business man, tandis que la nourriture, au centre des préoccupations des jeunes femmes, relève parfois du luxe). L’originalité de Happy birthday ! tient à ce que le tableau de moeurs, jamais satirique, toujours dans l’en-deçà, est perçu à travers le microcosme embué, cotonneux et temporaire d’une maternité qui n’est plus.

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